Perlimpinpinologie, humour et philosophie

Humour, littérature, science, poésie, philosophie... Petits textes de perlimpinpinologie, domaine d'étude imaginaire se trouvant à l'intersection de tas de choses. Auteur Michel DALMAZZO.

27 août 2014

Le futur

ProfRègleBGouverner c'est prévoir, n'est-ce pas?
C'est vrai aujourd'hui et ce sera vrai demain.
On ne se trompera donc pas en investissant dans un domaine qui a toujours été et sera toujours utile, et ce à coup sûr!
Lequel?
La prédiction de l'avenir, évidemment!

Depuis la dernière éclipse (et peut-être même avant),  que le gouvernement ait été de droite ou de gauche, aucune attention sérieuse n'a été apportée à ce laissé-pour-compte de la connaissance! 

Il ne faut donc pas s'étonner que les méthodes actuelles, le marc de café, les cartes, le tarot (marseillais, calaisien ou stambouliote), les pierres runiques, les boules de cristal, les entrailles de poulet, les astres (avec ou sans la Lune), les lignes de la main, le vol des oiseaux, les os de lapin, les rêves, les grumeaux de blanc d'oeuf, les épingles jetées dans une bassine d'eau (de la main gauche), les entretiens avec des morts, la transe chamanique, la communication avec les djinns, les feuilles de thé, le i-ching, les biscuits chanceux, le pendule divinatoire, l'étoile bleue, la numérologie, l'hyperception, l'harmonie cosmique, les dominos, les baguettes de bambou, la croissance des oignons, la cire chaude plongée dans l'eau froide, la forme des nuages, les rides des pieds, la fumée ou les pétales de rose, pour ne citer que les plus connues (*), soient à ce point rudimentaires et irrégulières!
Sombre constat!

Que nos décideurs y songent et décident!
Nous devons ouvrir de nouveaux centres de recherche consacrés à l'étude du futur, les doter des meilleurs équipements, attirer et retenir les meilleures compétences, motiver la jeunesse, suciter des vocations, ouvrir de nouvelles filières de formation... tout en renforçant la multidisciplinarité que nécessite la diversité des approches expérimentales. Comment, dans un tel domaine, pourrait-on ignorer les avancées de la physique nucléaire, de la biologie, de l'informatique, de la peinture sur soie et de tant d'autres secteurs du savoir qui ont déjà révolutionné notre quotidien?

On me dira qu'on n'arrivera jamais à prédire l'avenir!
Voyez-vous ça! Serait-ce une prévision ?
Si tel est le cas, si elle dit vrai, elle est fausse, et si elle est fausse, pourquoi en parler?

Alors, arrêtons d'ergoter.
Vu les problèmes qui attendent les générations futures, il faut faire vite!

Nous pouvons prendre de court les Americains, couper l'herbe sous le pieds aux Allemands et la chique aux Chinois. Bref, rendre jaloux tout le monde!
N'attendons pas une quelconque aide européenne, toujours trop longue, toujours trop proche de ses sous, toujours trop technocratique! 
Ne cherchons pas une illusoire collaboration internationale!
Laissons les sceptiques (**), les conservateurs, les politiciens frileux dans leur présent glacé!
Allons droit devant! 
Je l'affirme sans hésiter: le futur est l'avenir de l'homme!  

 

(c) M.DALMAZZO

Et.. ici ou là: chez l'éditeur, à la FNAC, chez AMAZON ou ailleurs...

 


(*) Je ne parle pas de la bousomancie (étude des bouses de vache), ni de l'analyse des miaulements du chat (j'ignore la dénomination syndicale), ces deux techniques étant considerées par tous les spécialistes comme totalement inefficaces.

 (**) dans un premier élan, j'avais écrit 'septiques', d'où les deux premiers commentaires ci-après...

 


 

 

 



18 août 2014

Des cheveux

Ma dernière réflexion sur la gestion des déchets m'a valu quelques soucis: j'ai reçu deux lettres anonymes et plusieurs coups de téléphone désagréables, de ceux qui viennent au moment où le sommeil est censé apporter calme et réconfort au pauvre hère que je suis.
Que n'avais-je donc écrit !
Je parlais en philosophe, le questionnement semblait clair ("l’homme est-il plus compliqué que le monde ?") mais on n'a vu dans mes propos qu'une critique primaire du travail administratif (pourtant oh combien précieux!).

Même Dédé, mon coiffeur, m'a reproché le ton que j'avais employé à l'égard de ces belles organisations, chargées -en s'attaquant au gaspillage- de sauver la planète! Je l'ai senti à son coup de rasoir, plus nerveux que d'habitude.
Mea culpa, mea maxima culpa.

Je vais me racheter aujourd'hui en montrant que, moi aussi, je peux aider les générations futures.
Je prendrai même un sujet qui intéresse tout particulièrement Dédé : le cheveu.

Qu'est-ce que le cheveu ?
Evidemment, mais encore ?
...
Allons droit au but : le cheveu est un gisement !
Oui, un gisement! Et du plus précieux qui soit: un gisement de protéines!
Il faut évidemment savoir que le poil crânien est composé à 95 % de protéines (les 5% qui restent sont difficiles à identifier, surtout en fin de semaine), mais vous le saviez.
Des protéines donc, c'est à dire le genre de produit indispensable au monde vivant. Il est incontournable dans l'alimentation, l'élevage, l'agriculture, la cosmétique, la pharmacie… et même la musculation. 

Et que fait-on de ce trésor ?
Rien !
On le balaie et on le jette !

Pour information, les plumes et duvets de nos amies les volailles ne font pas l'objet d'un tel gaspillage.
Le rapport d'activité du Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (SIFCO) indique qu’environ près de 38 000 tonnes de farines de plumes ont été produites en 2013. Ceux que ça intéresse apprendront que 47% sont destinées aux petfood (croquettes pour chiens et chats), 34% à l'aquaculture (les poissons) et que le reste sert d'engrais [cf. nb1].

Mais revenons au cheveu. Faisons une rapide étude.

Je laisse de côté le cheveu féminin.
Pour trois raisons :

- l'artiste capilliculteur pour femmes peigne, frise, défrise, colore, noue, natte, chignonne... mais il ne coupe qu'au millimètre, de sorte que l'utilisation de l'apirateur -inévitable- rend difficile la récupération de la précieuse matière première (dans l'état actuel de la technologie);
- le cheveu féminin, agressé par mille et un produits chimiques, nécessiterait une purification coûteuse;
- Dédé est coiffeur pour hommes, exclusivement.

Le site de l'INSEE nous fournit une statistique précieuse [cf. nb2].
Elle date de 2006 mais je ne vois pas pourquoi les ordres de grandeur ne seraient plus valables.
A cette date, on comptait en France environ 2000 coiffeurs pour homme (en équivalent salariés plein temps).
Pour avoir une estimation complète, il faudrait ajouter la part masculine des salons mixtes mais cela risque de compliquer mon exposé et ne ferait que confirmer ma conclusion.

Par ailleurs, selon Dédé, un artisan coiffeur moyen fait 10 coupes par jour. Sinon il ferme. Disons 300 coupes par mois.
Ce qui fait en France (pour 2000 salariés), 600 000 coupes masculines mensuelles !
On peut compter de 10 à 30 grammes de cheveux par coupe. Disons 20 grammes.

Ce qui donne... douze tonnes par mois!
A 95% le taux de protéine, ça fait une dizaine de TEB mensuelles (tonnes d'équivalent bifteck)!

On m’objectera que le ramassage du matériau couterait plus cher qu’il ne rapporterait !
J'y ai pensé.
Il suffira de confier cette tâche à une personne de confiance qui passe régulièrement à proximité des lieux de production!
?
Le facteur, évidemment!
A chaque passage, il échangerait un sac vierge contre un sac plein. Ce ne serait pas plus difficile que ça!
A charge pour son responsable hierarchique de transmettre la précieuse récolte à l'adresse indiquée.
Ce qui serait pour lui, évidemment, l'enfance de l'art.
Je suis sûr que notre belle Administration des Postes sera fière de participer à une action éco-responsable de cette sorte.

Voilà, il n'y a plus qu'à.

J'ajoute qu'en développant cette nouvelle entreprise, nous ferions un pas dans une direction infiniment plus prometteuse: celle du recyclage du corps humain, lequel est, aujourd'hui encore, le déchet industriel le plus scandaleusement inutilisé.

 

(c) M.DALMAZZO

Et.. ici ou là: chez l'éditeur, à la FNAC, chez AMAZON ou ailleurs...

 

coiffeur

 

 

 

nb1:http://www.sifco.fr/rapport-d-activites/rapport/33/rapport.pdf
nb2:http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/donnees-detaillees/fichesect-serv/pdfservice/fic93c.pdf

 


 

 


17 août 2014

Déchets en analyse

Le monde est compliqué. Tout le monde le sait. Dieu ne nous a pas facilité les choses. Mais le monde n’est rien par rapport aux difficultés (doux euphémisme) que l’être humain se crée pour lui-même.

Voici un exemple éloquent qui m’est venu après avoir sorti les poubelles : la gestion des déchets. Car, on en conviendra, il n’y a pas de déchets sans activité humaine. En tout cas, la Nature ne se pose pas ce genre de problème.

 

 

déchets

 

Je suggère la lecture du document référencé 1789 (un document pourtant peu révolutionnaire) sur le site de l’INERIS (Institut National de l'Environnement industriel et des risques). Dois-je rappeler que l’INERIS est sous responsabilité du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie [cf. 1]? On pourra donc s’y arrêter sans crainte d’attraper un virus.

Il ne faut pas manquer pas la classification des déchets. C’est une de ces belles réflexions françaises qui vous donnent un sentiment de puissance.
Elle répartit les déchets dangereux en quinze catégories.

Que voici :

-H1 : Les déchets explosifs
-H2 : Les déchets comburants
-H3A : Les déchets inflammables
-H3B : Les déchets facilement inflammables
-H4 : Les déchets irritants
-H5 : Les déchets nocifs
-H6 : Les déchets toxiques
-H7 : Les déchets cancérogènes
-H8 : Les déchets corrosifs
-H9 : Les déchets infectieux
-H10 : Les déchets toxiques pour la reproduction
-H11 : Les déchets mutagènes
-H12 : Les substances et préparations qui au contact de l’eau, de l’air ou d’un acide dégagent un gaz toxique ou très toxique
-H13 : les déchets sensibilisants
-H14 : les déchets écotoxiques
-H15 : les substances et préparation susceptibles, après élimination, de donner naissance, par quelque moyen que ce soit, à une autre substance, par exemple un produit de lixiviation, qui possède l’une des caractéristiques énumérées ci avant.

Depuis Descartes, ce beau travail s’appelle une analyse.
C’est la première étape que recommandent tous les spécialistes pour résoudre un problème compliqué : éclater le problème en sous-problèmes plus petits et plus simples. Comme il n’y a pas de montagne qu’on ne puisse réduire à un tas de cailloux, il n’est pas de problème qu’on ne puisse mettre ainsi à notre portée. 

Je devine les questions. C’est bien naturel. Analyste moi-même, je vais m’employer à y répondre.

Question : pourquoi la troisième catégorie a-t-elle été divisée en deux sous-catégories ?
Réponse : un louable souci de précision. En dessous d’un point d’éclair de 21°C, le déchet est dit 'facilement inflammable'. À partir de 21°C, et jusqu’à 55°C, le déchet sera classé plus justement dans la catégorie 'inflammable'. Evidemment, il faut savoir ce qu’est le point d’éclair, mais c’est facile si on veut se donner la peine.

Question : Et au dessus de 55°C ?
Réponse : Au dessus de 55°C, le déchet n’est pas inflammable.

Question : Pourquoi n’a-t-on pas fait de même dans d‘autres catégories, par exemple en définissant des déchets nocifs et des déchets très nocifs, des déchets faiblement mutagènes, des déchets mutagènes et des déchets terriblement mutagènes, etc.?
Réponse : il fallait faire simple pour rester clair ! Il est vrai que l’analyse eut été plus lumineuse encore si l’on avait utilisé une dénomination synthétique pour les catégories H12 et H15. C’est probablement ce qui a été fait, mais la création de mots nouveaux aura heurté la sensibilité linguistique de nos élites… Inutile d’insister.

Question : Comment s’appelle un déchet qui appartient à deux catégories. Par exemple, un déchet à la fois explosif et inflammable ?
Réponse : ça s’appelle un déchet à la fois explosif et inflammable. Pour devancer une éventuelle question, j’ajoute qu’il peut exister un déchet relevant de toutes les catégories. Sa désignation sera évidemment plus longue, voilà tout.

Question : si analyser est la première étape, quelle est la seconde ?
Réponse : créer des commissions (le nom peut varier, groupes, conseils, comités, départements, divisions, directions,…) dont l’objectif est d’aider les décideurs à décider.

D’ailleurs, c’est à cela qu’on reconnaît un problème vraiment sérieux.
On pourra vérifier que c’est le cas ici. 

Un Conseil national des déchets (CND) a été créé auprès du ministre chargé de l'environnement, (lequel désigne son président). Il est composé de 38 membres et leurs suppléants, répartis en 5 collèges. Un nombre modeste qui a conduit le législateur à autoriser la constitution de groupes de travail composés des compétences nécessaires. Les présidents de ces groupes sont désignés par le président du Conseil national des déchets. Pour information, rien qu’au début 2013, sept groupes de travail, chacun composé de 5 collèges (Etat, associations, élus, entreprises, experts) ont été nécessaires : Economie Circulaire, Positionnement des modes de traitement, Prévention, Financement, Filières REP, Déchets des entreprises et Déchets du BTP.  
Oui, il y a du boulot.
Une Commission Consultative sur le statut de déchet  (CCSD) est vite apparue nécessaire.
Aussitôt dit, aussitôt faite.
Cette commission, placée auprès du Ministre de l’Environnement, comprend vingt membres titulaires et autant de suppléants (qui peuvent être choisis en dehors des membres du Conseil national des déchets) [cf. 2]).
Il ne faudrait pas oublier le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et ses Missions d’inspection générale territoriale (MIGT) [cf. 3], les Directions régionales de l’Environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) [cf. 4], les Directions départementales des territoires (et de la mer) (DDT et DDTM) [cf. 5]. Tous complètent avec harmonie et efficacité les moyens modestes du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, ainsi que ceux de la commission des Communautés européennes (à qui on doit le merveilleux catalogue européen des déchets, dit CED [cf. 6]).

Je devrais citer d’autres structures toutes aussi compétentes, en particulier dans le domaine nucléaire, autrement plus sensible que celui des piles usagées, mais je sens venir les sarcasmes...

On prétendra que savoir qui fait quoi est encore plus compliqué que ce qu’on est censé résoudre! (Ah, c’est malin ! ).
On soutiendra que la quantité de déchets produits par tous ceux qui s’en occupent est considérable ! (Ah, c’est facile !).

On me dira qu’il manque une catégorie de déchets dangereux : les c… (je reste poli).
Il y a toujours des gens pour ricaner.
Sans parler des fatalistes pour qui, le déchet étant le propre de l’homme, il n’y aurait rien à faire!
Qu’importe! Les chiens aboient mais, en sortant les poubelles, le philosophe passe.

 

© M.DALMAZZO
Et pourquoi pas?  Ici ou là: chez l'éditeur, à la FNAC, chez AMAZON ou ailleurs...

 

[1] http://www.ineris.fr/aida/consultation_document/1789
[2] Décret n° 2012-602 du 30 avril 2012 relatif à la procédure de sortie du statut de déchet
[3] http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/missions-et-organisation-r200.html
[4] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Liste-des-21-DREAL
[5] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-DDT-directions-departementales.html
[6] http://www.environnement.public.lu/dechets/informations_pratiques/CED/ced_liste_CED-2.pdf
[
-] la photo figurant en fond du dessin d'illustration a été empruntée à Wikiipedia




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